Web - Mandala



Le Grand Livre
Janvier 2005. Début du premier Web, sur toile de petit format.
Tissu de lambeaux, lanières de documents administratifs à détruire – ne doivent pas rester lisibles – gardent leur secret.
Je retisse en croisement – de ces mémoires très diverses – maille en 2D ; plan, support pour de nouvelles formes émergentes.
J’ai ensuite posé, collé, ces bases structurées sur des fonds d’un passé plus ou moins ancien ou proche, plus ou moins masqué aussi.
Entre les mailles se laissent deviner parfois des réminiscences simplement colorées dépourvues de sens et d’émotion. Juste le plaisir de la matière effleurée par le regard, harmonies des tons.
D’autrefois, des mailles plus lâches laissent mieux entrevoir des phases marquées de directions plus évidentes ; je les souligne, les exploite pour des rythmes de vie nouvelle.
Sur cette base, « germent » ou prennent appui des structures occupant l’espace en 3D, conquête des trois dimensions.

Ce furent aussi ces lanières considérées comme des stries sur le passé.
Traits et points d’arrêt, de rupture, pour masquer quasi totalement la matière sous-jacente ; tentative illusoire pour l’occulter, possible au moins par cette approche, dans l’espoir de « passer » à autre chose. Treillis serrés de camouflage ….
Ce sont aussi comme des éléments d’échafaudage dispersés sur un chantier, tubes empilés, à monter, à imbriquer pour des travaux inaccessibles de constructions futures à définir. Bel Inconnu.





Masquer en laissant la matière apparaître par de larges « espaces », fenêtres ouvertes à la lecture des couches sous-jacentes.
Le bipède terrien, Humanité dans sa continuité, mime l’histoire géologique de sa Planète. Il couvre, recouvre, découvre … par transgressions, régressions, il pose, superpose en civilisations ou en sédiments plus ou moins fertiles à son futur.

Au delà et au dessous des structures des voies humaines, apparaissent les strates de la Planète, comme pour l’individu surgit le passé, sa mémoire dans l’illusion de l’oubli ou pire du deuil et de l’horrible pardon.
Conscience par là même accrue de mon « but » de retrouver au plus vite, au mieux, la liberté de mes gestes au quotidien et dans la voie de vie.

Conscience de la fragilité, l’impermanence vécue dans la chair.

Derrière le Miroir

Maintenant je remplis les interstices …  sans me préoccuper d’une harmonie d’ensemble. Je procède par petites surfaces indépendantes, géométriquement isolées …   sûre de moi ?
Sûre de pouvoir « intégrer » ces différents éléments dans un Tout, plus tard lorsque j’aurais trouvé une certaine UNITE, ou dans la forme, ou fondu dans la couleur, sens.
Et je fais pour ne pas sombrer …

Des signes indécodables, des codes dépourvus de sens commun, dans le « sens » non orientés, sans passé et futur. En position seule ; inverse des plans de croissance du cristal !
Des cadres à l’intérieur d’autres cadres comme des voies de rétrécissement vers le passé qui s’estompe ou – sens, sans point de vue – élargissements timides vers cet extérieur qui reste plein d’incompréhension. Environnement vu à travers des grilles ou ouvertures d’un « terrier » creusé dans une sédimentation du passé.
Strates, structures présentes, nouvelles mailles-pièges à cations immenses de Vie enfin autre – basée sur d’autres paramètres – en jeu de traits, points, droites, pointillés. Traces animales de base, pistes de polarité, reptation inscrite.
Créé avec Artmajeur